Reprise de la demande en compost de volailles

April 1, 2025
Analyse de marché

📌 Ce qu’il s’est passé récemment sur le marché

Le marché du compost de volaille reste dynamique en ce début de printemps 2025. Les prix se maintiennent sur une fourchette élevée, entre 25 et 35 €/T départ, portés par une demande soutenue sur les cultures de printemps, dans un contexte de conditions météorologiques favorables à l’épandage. Les sols sont bien ressuyés, ce qui a facilité les interventions, réduisant les stocks chez les producteurs après un bon mois de ventes en février-mars.

Du côté de la filière BIO, les signaux sont clairement positifs : les prix du blé meunier atteignent 450 €/T et ceux du maïs dépassent les 300 €/T, des niveaux similaires à ceux de 2021-2022. Cette embellie tire vers le haut l’ensemble de la filière et encourage l’usage de compost. Par ailleurs, la rareté des fientes BIO, en raison de contraintes réglementaires, renforce l’attractivité du compost de volaille certifié. En revanche, la reprise de la production après la grippe aviaire augmente la disponibilité globale du compost, ce qui pourrait exercer une pression baissière sur les prix à moyen terme. De même, la baisse continue des prix des engrais azotés conventionnels (urée à 480 €/T, soit 1,20 €/u N) représente un facteur de concurrence à surveiller.

📈 Les 3 facteurs haussiers à retenir

1. Reprise forte des prix des céréales BIO

Les prix du blé meunier BIO sont revenus à 450 €/T, et le maïs dépasse 300 €/T, soit des niveaux proches de ceux observés avant la pression de la dernière récolte record. Ce retour de valorisation améliore la rentabilité des productions BIO, et par conséquent, renforce la demande pour les intrants organiques comme le compost de volaille. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait soutenir ou augmenter les prix du compost dans les semaines à venir.

2. Concurrence des débouchés spécialisés

Les cultures spécialisées (maraîchage, arboriculture, viticulture) restent friandes de compost de qualité, avec une demande stable et des prix rémunérateurs. Cette concurrence entre filières crée une tension positive sur les prix et offre aux producteurs de compost une diversification de leurs débouchés, ce qui les met en position de force pour maintenir voire relever leurs tarifs.

3. Rareté croissante de la fiente BIO

La réglementation UAB restreint l’utilisation de nombreuses fientes en agriculture biologique. De ce fait, les volumes disponibles en fiente certifiée diminuent, renforçant la pression sur le marché du compost BIO. Ce déséquilibre entre l’offre limitée et la demande stable pousse les prix du compost à la hausse, d’autant plus que les utilisateurs cherchent des solutions organiques fiables et conformes aux normes.

📉 Les 3 facteurs baissiers à surveiller

1. Recul des prix des engrais minéraux

Les engrais azotés poursuivent leur baisse, avec l’urée désormais à 480 €/T, soit environ 1,20 €/unité d’azote. Cette tendance pourrait inciter certains agriculteurs à revenir vers les fertilisants chimiques, réduisant ainsi la demande pour le compost. Si cette baisse se confirme et s’amplifie, elle pourrait peser sur les prix du compost, en particulier en conventionnel.

2. Retour à la normale de la production

La grippe aviaire n’impacte plus la production française, ce qui permet un retour à des volumes habituels de fumier, matière première du compost. Cette hausse de la disponibilité pourrait à terme créer une pression baissière sur les prix, notamment si la demande venait à ralentir après la campagne de printemps.

3. Contexte baissier sur les céréales conventionnelles

Le prix des céréales en conventionnel reste déprimé, conséquence d’un bilan mondial du blé jugé équilibré et de rendements décevants l’an dernier (−20 à −30 %). Cette conjoncture affecte la trésorerie des exploitations, limitant leur capacité d’achat pour des produits comme le compost. Une demande affaiblie dans ce segment pourrait affecter les ventes en conventionnel.

📊 Sentiment de marché

Le marché du compost de volaille s’oriente vers une stabilité à tendance haussière dans les prochaines semaines. La dynamique observée sur les cultures de printemps, les conditions favorables à l’épandage et la vitalité retrouvée du BIO constituent des moteurs solides pour soutenir les prix. Si la demande reste forte sur les cultures spécialisées et que la tension sur les fientes BIO se poursuit, une progression modérée des prix pourrait se dessiner.

Toutefois, cette dynamique devra faire face à des éléments de modération : la disponibilité accrue du compost post-grippe aviaire et la concurrence des engrais minéraux à bas prix. Ainsi, on peut s’attendre à un maintien des prix dans la plage de 25 à 35 €/T départ, avec une possible poussée vers la partie haute de la fourchette si les commandes estivales (colza, cultures pérennes) confirment la tendance.

Faustine Le Floch
Auteur
Faustine Le Floch

Faustine à rejoint l'équipe an janvier 2025. Forte d'une formation commerciale et d'expériences dans différents domaines et notamment l'industrie, elle développe son expertise commercial au sein des marchés de la fertilisation organique depuis son arrivée. 

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