Quel avenir pour le blé bio Français ?

🌻 Analyse de marché Blé BIO
En 2024, le marché du blé biologique en France traverse une phase complexe, marquée par une baisse significative de la production. Les récoltes ont subi une perte de 42 %, dépassant les prévisions initiales de 30 %. Avec un rendement moyen actuel de 2,40 tonnes par hectare sur une surface de 89 700 hectares, les producteurs sont confrontés à des défis de taille. Ces rendements pourraient encore être révisés à la baisse en fonction des retours du terrain, notamment sur la façade atlantique.
Les stocks de blé bio ont été largement consommés durant les mois de juillet et août, laissant très peu de disponibilités jusqu'à l'automne. La demande des usines s'intensifie particulièrement en Bretagne et dans le Nord de la France, où les approvisionnements rapides se font rares. Cette situation a entraîné une augmentation notable des prix, avec le blé fourrager bio passant de 200 €/tonne en avril 2024 à 290 €/tonne en août. Le seuil psychologique de 320 €/tonne reste un objectif pour de nombreux producteurs, étant considéré comme le prix plancher nécessaire pour maintenir une rentabilité minimale.
100€/T d'écart avec le conventionnel : Actuellement, l'écart de prix entre le blé conventionnel et le blé bio est d'environ 100 €/tonne. Tant que cet écart se maintient, les agriculteurs peuvent être incités à retenir leur offre pour obtenir de meilleurs prix, ce qui ajoute une tension supplémentaire sur le marché.
🟢 Facteurs haussiers
Demande persistante vs offre limitée : -42% en volume soit près de 200 000T. Les usines de transformation et les fabricants d'aliments bio en France, particulièrement en Bretagne et dans le Nord, continuent de chercher activement du blé bio pour honorer leurs contrats. Cette demande soutenue, notamment pour des contrats longs à 340 €/tonne rendu, maintient une pression haussière sur les prix. La rareté des approvisionnements à court terme pousse les acheteurs à offrir des surprimes pour sécuriser leurs stocks.
Réduction des stocks de fin de campagne : -100 000t en stock. Le stock de fin de campagne 2024 pourrait se situer autour de 30 000 tonnes, contre 135 000 tonnes en début de campagne. Cette réduction drastique est due à la baisse des rendements et à une consommation plus rapide des stocks existants. Un stock aussi bas laisse présager un marché tendu, avec une offre limitée jusqu'à la prochaine récolte, ce qui pourrait maintenir ou faire augmenter les prix.
Baisse des rendements : 24 Quintaux de moyenne en 2024. Les données actuelles indiquent un rendement moyen de 2,40 tonnes/ha, déjà révisé à la baisse par rapport aux prévisions initiales. Les retours du terrain, en particulier sur la façade atlantique, suggèrent que ces rendements pourraient encore être dégradés.
Absence de nouvelles conversions vs déconversions : -11% de SAU en BIO. Le marché du bio, fragilisé par les fluctuations économiques et le conflit en Ukraine, n'a pas encouragé les conversions vers l'agriculture biologique. Bien que les déconversions aient été moins importantes que prévu (moins de 15 % des surfaces bio), la part des conversions ne suffit pas à compenser cette baisse, limitant ainsi l'expansion des surfaces en bio.
🔻Facteurs baissiers
Perte de compétitivité à l’exportation : -60% de volume exporté. La France, traditionnellement un exportateur de blé bio, perd de sa compétitivité sur les marchés internationaux, notamment face à des offres plus attractives en provenance de la mer Noire. Ces régions offrent des prix plus bas et des volumes plus importants, entraînant une baisse estimée de 60 % des exportations françaises de blé bio, passant de 55 000 tonnes en 2023 à 22 000 tonnes en 2024. Une diminution des exportations pourrait entraîner une accumulation des stocks domestiques, exerçant une pression baissière sur les prix.
Importations croissantes : Importation de 35000T. Pour répondre à la demande intérieure, certaines usines françaises ont commencé à contractualiser des importations de blé bio. Les offres, à des prix compétitifs autour de 320/330 €/tonne rendu à l'est de la France et dans les ports atlantiques, pourraient rapidement freiner la hausse des prix liée à la demande. Ces importations réduisent la dépendance des usines aux stocks domestiques, atténuant ainsi la pression haussière sur les prix.
Faible reprise de la consommation : Malgré les tensions sur l'offre, la consommation de blé bio dans les usines de fabrication d'aliments et les moulins reste stable, sans signe de forte reprise. Cette stagnation de la demande, couplée à des prix élevés, pourrait limiter l'expansion du marché et favoriser les importations.
Offres compétitives sur le marché européen : -30€/t d'écart. Des offres provenant d'autres pays européens, souvent à des prix plus compétitifs, pourraient capter une part du marché français, notamment dans les régions frontalières.
Bilan production Blé BIO 2024

Source : Delivagri