Coût de l’unité d’azote minéral : quels impacts sur la fertilisation organique ?
Azotés minéraux : une tension durable sur les prix et la disponibilité
Le marché des engrais azotés reste sous forte pression. L’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) a entraîné une chute brutale des importations européennes d’azote minéral. L’organisation Copa-Cogeca évoque un recul de plus de 80 % des volumes importés en janvier 2026 par rapport à l’an passé, dans un contexte de stocks tendus dans plusieurs États membres.
Cette contraction de l’offre s’accompagne d’une poursuite de la hausse des prix, avec des niveaux supérieurs d’environ 25 % à la moyenne de 2024. Si Fertilizers Europe relativise l’impact direct du MACF, la réalité pour les exploitations est celle d’un coût de l’unité d’azote durablement élevé, qui influence l’ensemble des stratégies de fertilisation.
Un effet de report marqué vers les engrais organiques
La hausse du prix de l’azote minéral se répercute mécaniquement sur le marché des engrais organiques. Depuis le début de l’année, ces derniers ont déjà enregistré des augmentations significatives. Mais au-delà du prix, c’est surtout le comportement d’achat qui évolue.
On observe en effet un phénomène nouveau de saisonnalité : contrairement aux campagnes précédentes, le marché est resté très dynamique en période hivernale. Les agriculteurs ont massivement anticipé leurs achats, parfois dès avant les fêtes de fin d’année, alors même que cette période correspondait historiquement à une basse saison. Résultat : des prix déjà orientés à la hausse, et ce mouvement devrait se prolonger dans les mois à venir.
Des hausses encore incertaines, mais potentiellement élevées
À ce stade, il est difficile de chiffrer précisément l’ampleur des futures hausses sur les composts et engrais organiques. Les tendances évoquées par les industriels font état de progressions possibles comprises entre +5 et +15 €/tonne, y compris sur des produits aujourd’hui positionnés à bas prix. En proportion, cela pourrait encore représenter 20 à 25 % d’augmentation d’ici la fin de l’année.
Une disponibilité déjà sous tension
Au-delà du facteur prix, la disponibilité devient un enjeu central. Les volumes commandés sont nettement supérieurs à ceux de l’an dernier à la même période, réduisant fortement les stocks. Sur certains produits, comme les composts de porc, la campagne est d’ores et déjà quasiment bouclée jusqu’à la fin du printemps.
La situation est similaire sur les engrais organiques transformés, avec des délais de livraison repoussés au mois d’avril pour la majeure partie des bouchons et un risque réel de non-production pour les commandes trop tardives, faute de matières premières suffisantes.
En conclusion, la flambée du coût de l’unité d’azote minéral agit comme un accélérateur des tensions sur la fertilisation organique. Dans ce contexte, l’anticipation des besoins et la sécurisation des volumes deviennent des leviers essentiels pour les agriculteurs comme pour les acteurs du marché.
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