🔍 État actuel du marché
Les marchés céréaliers ont accusé un net repli ces derniers jours. Sur Euronext, les cours du blé ont chuté entre le 19 et le 20 janvier, perdant jusqu’à 2,50 €/t sur certaines échéances. Le maïs a suivi le même mouvement, avec des pertes allant jusqu’à 2,50 €/t également. Ce repli s’explique principalement par la déception du marché après l’annonce des importants achats de blé par l’Arabie Saoudite (907 000 t) et l’Algérie (720 000 t), qui ont choisi l’origine mer Noire et Argentine, au détriment du blé français.
En parallèle, la montée de l’euro face au dollar, dans un contexte géopolitique tendu entre les États-Unis et l’Union européenne, a réduit la compétitivité des céréales européennes. Aux États-Unis, les cours ont également reculé, impactés par des prévisions climatiques favorables sur les Grandes Plaines et l’annonce de bonnes perspectives de récolte en Amérique du Sud. Enfin, les fondamentaux restent lourds, avec une offre mondiale toujours abondante, notamment en maïs.
📈 Facteurs haussiers
Risques climatiques en mer Noire et aux États-Unis
En Ukraine, des températures extrêmes allant de -10 °C à -18 °C ont été enregistrées, avec une couverture neigeuse insuffisante pour protéger les cultures. Les blés d’hiver de l’Est du pays sont particulièrement exposés. Ce risque climatique pourrait entraîner des pertes de rendement, affectant l’offre exportable au printemps. Aux États-Unis, les conditions météorologiques dans les Grandes Plaines restent surveillées de près, même si des pluies récentes ont quelque peu apaisé les inquiétudes.
Forte dynamique des exportations américaines
Les États-Unis ont exporté 15,97 Mt de blé et 29,92 Mt de maïs depuis le début de la campagne, contre respectivement 13,33 Mt et 19,25 Mt à la même date en 2025. Ces volumes montrent une demande internationale soutenue et peuvent progressivement exercer une pression à la hausse sur les prix mondiaux si la demande se maintient. La faiblesse actuelle du dollar soutient également cette attractivité de l’origine américaine.
Hausse des prix de l’énergie et des huiles végétales
Les cours du pétrole ont progressé, tirant avec eux les marchés des huiles végétales, notamment l’huile de palme et l’huile de colza. Cela entraîne un renchérissement du coût de la production agricole mondiale (intrants, transport, logistique), qui pourrait finir par impacter les prix des céréales. Le colza sur Euronext affiche une hausse de +1,75 à +3,50 €/t selon les échéances.
📉 Facteurs baissiers
Désintérêt des acheteurs pour le blé français
L’Arabie Saoudite et l’Algérie, deux clients stratégiques pour le blé européen, se sont tournés vers d’autres origines. Cette mise à l’écart du blé français affecte directement les perspectives d’exportation pour cette campagne, renforçant la pression sur les cours. Sur le plan européen, les exportations de blé tendre sont en léger recul par rapport à 2025 (11,83 Mt contre 12,03 Mt).
Hausse de l’euro face au dollar
La monnaie européenne a fortement progressé, atteignant 1,1725 $/€ le 20 janvier. Cela nuit à la compétitivité des céréales européennes sur les marchés mondiaux, notamment face aux origines mer Noire et sud-américaines. Ce phénomène accentue la pression baissière sur les prix français, déjà mis à l’épreuve par une demande internationale hésitante.
Abondance de l’offre mondiale, notamment en maïs
Le Brésil et l’Argentine maintiennent des prévisions de production élevées (respectivement 137 Mt et 56 Mt). Les exportations de maïs brésilien en janvier sont attendues à 3,45 Mt, soit 180 000 t de plus que prévu initialement. En Europe, les importations de maïs restent élevées (9,17 Mt), bien que légèrement en retrait par rapport à 2025. Cette abondance mondiale limite les perspectives de hausse des prix à court terme.
📊 Notre sentiment de marché
Le climat de marché est actuellement baissier, avec une pression technique et fondamentale dominante. Les récentes baisses de prix sur Euronext (jusqu’à -2,50 €/t en blé et en maïs) traduisent la fragilité du marché face à un contexte géopolitique tendu, une devise européenne forte, et une demande internationale moins tournée vers l’origine française. Si le climat rigoureux en Ukraine devait s’intensifier, une inflexion haussière pourrait toutefois apparaître. La prudence reste de mise : le moindre événement météorologique ou géopolitique pourrait rapidement changer la donne. La volatilité devrait rester élevée dans les prochaines semaines.



