À l’approche des semis de printemps, le maïs bio reste une culture importante dans de nombreux assolements, notamment dans le Sud-Ouest et le Sud-Est. Dans le contexte actuel du marché bio, il est essentiel de comprendre les équilibres en place pour orienter ses décisions de commercialisation et de semis.
Une production 2025 en baisse, mais un marché peu dynamique
La campagne 2025 s’est caractérisée par une baisse d’environ 15 % des volumes de maïs bio, avec une production estimée autour de 110 000 tonnes contre 130 000 tonnes en 2024. Cette baisse s’explique principalement par certaines déconversions importantes et des rendements moyens affectés par un été relativement sec.
Malgré cette baisse de production, le marché ne montre pas de tension particulière. La consommation a été correcte en début de campagne, puis s’est ralentie avec la baisse du prix du blé, qui est directement en concurrence avec le maïs dans l’alimentation animale.
Les fabricants d’aliments arbitrent en permanence entre matières premières : le blé, plus riche en protéines et devenu moins cher, a pris davantage de place dans les rations. Le maïs reste toutefois indispensable pour certains équilibres nutritionnels, notamment dans le secteur des poules pondeuses, ce qui maintient un prix légèrement supérieur à celui du blé sans pour autant provoquer de forte hausse.
Des volumes encore présents sur le marché
Le marché est aujourd’hui marqué par la présence de volumes importants encore disponibles, avec des lots allant parfois de 500 à plus de 1 000 tonnes chez certains opérateurs.
Dans le même temps, les acheteurs restent prudents et s’engagent peu, ce qui crée un marché relativement stagnant jusqu’au mois de juin. Les fabricants d’aliments savent qu’ils disposeront bientôt de nouvelles disponibilités en blé, ce qui limite leur besoin de sécuriser du maïs à l’avance.
Quelle stratégie pour la fin de campagne ?
Dans ce contexte, la stratégie consiste surtout à éviter de concentrer trop de volumes sur l’été.
Il peut être pertinent :
- d’engager une partie des volumes dès maintenant,
- puis éventuellement d’étaler une partie des ventes jusqu’à l’automne, période où certains acheteurs recherchent encore du maïs.
En revanche, garder un volume trop important en espérant une forte hausse estivale reste un pari risqué, avec la possibilité de devoir finalement vendre dans un marché peu actif.
Campagne 2026 : un sujet déjà central
Parler de la campagne 2026 n’est pas prématuré : c’est même aujourd’hui un sujet central pour anticiper les décisions de semis et les stratégies de commercialisation.
Les premiers éléments de marché indiquent que les surfaces en maïs devraient rester globalement stables, le maïs conservant une place importante dans les assolements grâce à ses rendements et à un prix généralement supérieur au blé.
Si les conditions climatiques restent normales, les volumes produits devraient être proches de ceux de 2025.
Une pression attendue du côté du blé
Le facteur déterminant pour la campagne 2026 sera une nouvelle fois le marché du blé. Les surfaces ont été fortement semées à l’automne lorsque les prix étaient encore élevés.
Avec deux bonnes récoltes potentielles et des stocks en report, le prix du blé pourrait reculer, passant d’environ 320 €/t en début de récolte 2025 à 280-285 €/t en blé fourrager.
Dans ce contexte, le maïs restera légèrement mieux valorisé, mais sans potentiel de hausse important.
Quel niveau de prix attendre ?
Dans un scénario climatique normal, le maïs bio 2026 pourrait se situer autour de 300 à 310 €/t départ récolte, avec des contrats couvrant généralement la période récolte – hiver.
Le risque principal serait de voir le prix repasser sous la barre des 300 €/t, sans pour autant revenir aux niveaux très bas observés en 2023.
Une stratégie avant tout basée sur la gestion du risque
Dans le contexte actuel, le maïs bio doit être considéré comme une culture de structure dans l’exploitation, plutôt que comme une opportunité spéculative.
La stratégie la plus prudente consiste donc à :
- sécuriser une partie de ses volumes en amont,
- lisser ses ventes dans le temps,
- et éviter de dépendre d’une hypothétique tension de marché.
Dans un marché bio globalement stabilisé, l’objectif reste avant tout d’assurer la rentabilité et la sécurité économique de l’exploitation
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