📌 Évolution récente du marché
Les prix du blé ont enregistré une nette reprise cette semaine, effaçant la forte baisse de la semaine précédente. Sur le CBOT, les cours ont progressé de 10 à 15,5 cts$/boisseau sur les échéances allant jusqu’à juillet 2026. L’échéance de mai frôle désormais les 600 cts$/boisseau. De son côté, le blé Euronext (MATIF) suit également cette dynamique haussière, avec un retour vers 240 €/t sur l’échéance de mai.
Ce rebond des prix s’explique principalement par deux éléments :
- Une météo inquiétante avec l’arrivée annoncée d’un coup de froid en Mer Noire et aux États-Unis, risquant d’endommager les cultures,
- Un retournement des fonds spéculatifs : après avoir fortement parié à la baisse (position short), les investisseurs rachètent leurs positions, ce qui soutient la hausse des prix.
En parallèle, les tensions commerciales internationales restent présentes. Aux États-Unis, le nouveau président Trump a adopté une approche plus souple concernant les taxes à l’importation, ce qui a rassuré les marchés, mais l’incertitude demeure.
Enfin, les ventes américaines de blé à l’export pour la semaine se terminant le 30 janvier s’élèvent à 486 200 tonnes, un chiffre dans les attentes des analystes mais qui ne crée pas d’élan supplémentaire sur les prix.
📈 Les 3 facteurs haussiers à surveiller
1️⃣ Risques météo en Mer Noire et aux États-Unis
Les prévisions annoncent un retour du froid la semaine prochaine en Russie et en Ukraine, alors que les conditions météorologiques jusqu’ici trop douces n’ont pas permis aux cultures de se protéger efficacement. Un gel important pourrait donc endommager le blé d’hiver, ce qui réduirait le potentiel de production pour la prochaine récolte.
Aux États-Unis, les températures vont également chuter, ce qui pourrait perturber les cultures de blé d’hiver en cas de gel trop intense. Les opérateurs attendent les premiers rapports d’impact pour ajuster leurs anticipations de production.
Si ces événements climatiques causent des dégâts, cela pourrait entraîner une hausse des prix dans les semaines à venir.
2️⃣ Restrictions russes sur les exportations de blé
La Russie reste le premier exportateur mondial de blé. Or, le gouvernement russe multiplie les mesures pour limiter les exportations, notamment en imposant des quotas et des taxes pour protéger son marché intérieur. Cela maintient les prix élevés et limite la disponibilité du blé russe sur le marché mondial.
Cette situation crée de l’incertitude : si la Russie exporte moins, d’autres pays devront compenser en fournissant plus de blé, ce qui pourrait être bénéfique pour la France et l’Europe.
3️⃣ Repositionnement des fonds spéculatifs
Les fonds d’investissement avaient accumulé des positions massivement vendeuses sur le blé ces derniers mois, ce qui a accentué la pression baissière. Cependant, avec les risques météo et les nouvelles restrictions en Russie, ces acteurs commencent à racheter leurs positions short, ce qui alimente la hausse des prix.
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions observer une accélération de la hausse dans les jours à venir.
📉 Les 3 facteurs baissiers à prendre en compte
1️⃣ Concurrence accrue de l’Ukraine et de la Chine
L’Ukraine, deuxième exportateur mondial de blé, vient d’annoncer la mise en place d’un hub logistique en Égypte pour faciliter ses exportations. L’objectif est de gagner des parts de marché en Afrique, ce qui pourrait peser sur la demande pour le blé européen.
Par ailleurs, la Chine continue d’augmenter sa production de blé, ce qui pourrait réduire ses importations et limiter les opportunités pour les exportateurs mondiaux.
2️⃣ Hausse de la production de riz en Asie
Avec la fin du phénomène climatique El Niño, la production de riz en Asie devrait fortement augmenter cette année. Cela signifie que certains pays qui utilisent du blé fourrager pour nourrir leur bétail pourraient se tourner vers le riz, souvent plus abordable.
Une demande plus faible pour le blé fourrager pourrait freiner la hausse des prix.
3️⃣ Un dollar fort qui freine les importations
Le dollar reste à un niveau élevé par rapport à l’euro, ce qui rend le blé plus cher pour les pays importateurs, notamment en Afrique et en Asie. Une demande internationale en berne pourrait limiter la progression des prix du blé, en particulier sur Euronext.
📊 Sentiment de marché & perspectives de prix
📍 Tendance : marché haussier mais sous surveillance
Le marché du blé est entré dans une phase de rebond technique, porté par les risques climatiques et le repositionnement des investisseurs.
👉 À court terme, la fourchette de prix à surveiller est :
- Blé Euronext : 240 - 245 €/t sur l’échéance de mai,
- Blé CBOT : 600 - 620 cts$/boisseau.
📉 Facteurs limitants :
- Si la vague de froid en Russie et aux États-Unis ne cause pas de dégâts significatifs,
- Si la demande internationale reste faible malgré les tensions en Russie,
- Si l’Ukraine continue d’exporter massivement.
📅 Prochain rendez-vous important :
Le rapport USDA du 11 février, qui pourrait ajuster les prévisions de production et de stocks mondiaux. Une révision à la baisse des stocks pourrait donner un coup de pouce aux prix, tandis qu’une augmentation des prévisions de production pourrait les freiner.
🎯 Conclusion :
Les prix du blé sont orientés à la hausse, mais le marché reste fragile et attentif aux nouvelles informations. Les agriculteurs doivent surveiller de près les conditions météo et les prochains rapports économiques pour prendre leurs décisions de vente au bon moment. 🚜📈
🔎 À surveiller :
✔️ Météo en Russie et aux États-Unis 🌨️
✔️ Exportations russes et ukrainiennes 🚢
✔️ Évolution des positions des fonds spéculatifs 💰
✔️ Rapport USDA du 11 février 📊
🔹 Synthèse rapide :
✅ Hausse des prix portée par les risques météo et les restrictions russes
❗ Mais prudence : concurrence ukrainienne et demande incertaine
🔜 Tendance haussière à court terme, mais dépendante des nouvelles données
Bonne semaine à tous, et restez attentifs aux prochains développements ! 🚜